De nouvelles limites jugées "dangereuses pour les pesticides"

Plusieurs ONG ont vivement dénoncé cette nouvelle réglementation qui pourrait entraîner une augmentation "spectaculaire" des limites existantes : "la Commission européenne nous entraîne vers une contamination toujours plus importante par de plus en plus de pesticides dans les aliments. L'UE doit revoir immédiatement ces limites que nous jugeons dangereuses", alerte Ulrike Kallee, experte en produits chimiques pour Greenpeace.
Selon une analyse conjointe de Greenpeace et de l'ONG environnementale autrichienne Global 2000, "plusieurs centaines de limites maximales en résidus deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs", et ce "au regard même des normes d'analyse et des méthodes d'analyses fixées par l'UE".
Or, "pour chaque pesticide, la Commission a identifié le pays ayant la plus mauvaise limite de sécurité et a adopté ce niveau pour les normes européennes", explique Hans Muilerman, porte-parole de l'ONG néerlandaise Natuur en Milieu. "Les consommateurs européens vont donc être moins bien protégés en étant exposés à plus de 200 pesticides différents à des niveaux importants", ajoute-t-il.
Ainsi, par exemple, "pour un enfant pesant 16,5 kilos, la dose de pesticide dangereuse pour la santé est dépassée après la consommation de 20 grammes de raisin (soit 5 à 7 grains), 40 grammes de pomme ou 50 grammes de prunes", affirme le biochimiste Helmut Burtscher, cité par Global 2000.
Dans certains pays étudiés, comme l'Allemagne ou l'Autriche, le changement serait très préoccupant, selon ces associations.
En Autriche par exemple, 65% des pesticides utilisés verront leur taux maximal augmenter, pour certains jusqu'à 1 000 fois, alors que seuls 4% verront leur taux baisser, affirme Global 2000.

" Ainsi, après analyse et comparaison avec certaines LMR nationales aujourd'hui en vigueur en France et celles prévues par l'UE, nous avons pu constater qu'un consommateur risquait, à l'avenir, de consommer certaines molécules à des taux plus élevées. Par exemple, pour les agrumes, la molécule fénoxycarbe, considérée comme cancérigène probable et perturbateur endocrinien possible, serait tolérée à des taux 40 fois supérieurs par rapport à la valeur actuelle! En effet, cette LMR spécifique passerait de 0,0500 mg/kg à 2 mg/kg! "