Compte-rendu de la visite du chantier d’aménagement du Parc départemental de la Haute-Ile

samedi 15 octobre 2005

 

 

La Direction des Espaces Verts du Conseil général 93 a organisé, samedi 15 octobre 2005, une visite d’information sur l’état d’avancement des travaux d’aménagement du futur Parc départemental de la Haute-Ile.

Gournay Environnement avait invité les Gournaysiens à participer à cette rencontre.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Thierry Morin, Chef du Service des Parcs urbains, d’avoir clairement commenté cette visite fort instructive et répondu avec compétence aux nombreuses questions posées.

 

Ce projet d’aménagement comporte en fait deux aspects :

- préservation et valorisation d’un réservoir de biodiversité original.

- mise en valeur du patrimoine archéologique suite au diagnostic mené en 2003 et 2004 par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives.

 

            Du point de vue de la biodiversité :

 

            La Haute-Ile, zone inondable, constitue un site post-cultural comprenant plusieurs zones : a) des friches centrales arbustives de 20 hectares qui devraient se pérenniser dans le temps.

                            b) des chenaux, fermés sur eux-mêmes (sans connexion avec la Marne) et alimentés par la nappe phréatique, qui représentent des zones aquatiques et humides étendues sur 10 hectares.

                            c) une ripisylve, forêt alluviale située en bordure de Marne.

                            d) une zone boisée pouvant demeurer en l’état actuel dans un secteur défini et devenir des aires de jeux ou des chemins d’accès par abattage d’arbres dans d’autres secteurs.

Le principe d’aménagement de la Haute-Ile est de gérer des friches dans certains secteurs, par pâturage ou fauche, pour éviter la fermeture naturelle du milieu, et de créer une zone palustre, en réaménageant le passage de l’eau dans les anciens paléo-chenaux ; cela permettra une submersion annuelle en hiver et des secteurs d’eau dormante permanente. 

La Haute-Ile présente un sol relativement homogène où la terre végétale recouvre des limons de très bonne qualité. La création des chenaux nécessite des travaux de terrassement qui dépendent en réalité des matériaux rencontrés. Dans les secteurs riches en limon argileux, sur l’ensemble de la hauteur des futurs chenaux aucun sur-creusement ne s’avère nécessaire car ces sols sont propices au développement végétal. Par contre, dans les secteurs où sables et graves représentent une épaisseur d’environ 2 mètres sur le fond du chenal, l’extraction de ces matériaux est préconisée afin de les remplacer par les limons argileux qui composaient la couche superficielle : on reconstitue ainsi le fond et les berges du chenal. 

Lors de cette visite nous avons pu observer les deux bras du chenal dont la largeur atteint environ 35 mètres ; la profondeur des chenaux se situe entre 4 et 4 mètres 50 par rapport à la surface de la Haute-Ile. Le niveau de l’eau dans ces chenaux peut varier de 0 à 2 mètres 50 et à la fin de l’été environ un tiers d’entre eux devrait rester en eau.

Nous avons constaté que la nappe phréatique affleure à environ 10 cm au-dessus de la surface des immenses excavations creusées pour réaliser les chenaux.

Tout autour des chenaux, des observatoires, situés à l’extrémité de passerelles-pontons permettant d’approcher un espace sauvage sans y pénétrer librement, seront aménagés afin d’observer les espèces animales. Ce secteur pourrait sans doute être fermé au public à certaines périodes de l’année.

Les travaux d’aménagement du quai de chargement sur le canal de Chelles sont achevés et cette zone permet l’évacuation des déblais et excédents des matériaux extraits non utilisables ; ce quai a été fonctionnel dès le début des travaux de terrassement.

Les travaux concernant le boisement doivent débuter en novembre 2005 : l’objectif  est de réaliser des chemins de promenade ayant une faible emprise et de conserver des espaces naturels très larges. Ainsi sur le secteur de boisement le moins évolué, où seuls les saules abondent, des aires de pique-nique pourront être réalisées, alors qu’une zone boisée plus évoluée, riche en essences nobles tels chênes, frênes et merisiers, restera en l’état actuel.

 

 Du point de vue archéologique :

 

Depuis 2005 deux secteurs ont été définis : d’une part une fouille dans le boisement à l’ouest (site gallo-romain), d’autre part un potentiel archéologique fort

(époques mésolitique et néolitique) sur le chenal à l’est de la future friche prairiale. Un classement de l’Etat, datant de décembre 2004, protège ce secteur de fouilles où plusieurs périodes et cultures archéologiques ont été identifiées interdisant tout aménagement paysager.

Pourquoi des campagnes de fouilles peuvent-elles s’étendre sur 15 à 30 ans ?

Des traces de l’époque mésolithique (8000 ans avant J.C.) et de la période néolithique (4500 ans avant J.C.) ont été découvertes. Il s’agit là d’une méthode de fouilles fines qui relève du domaine de l’archéologie programmée et non de l’archéologie préventive; en effet, tous les objets laissés par les populations au moment de leur départ doivent être recensés, d’où un laps de temps nécessaire pour renseigner et « faire parler » les objets extraits lors des différentes campagnes de fouilles.

         

Au cours de cette visite, Monsieur Morin a répondu à certaines questions posées :  

- l’aménagement du pont sur la  passerelle de Ville-Evrard reste à définir, car rien n’est actuellement programmé.

- aucun parking n’est prévu actuellement à proximité de la Haute-Ile !!

- l’emplacement du pavillon d’accueil et de la maison de l’archéologie reste également en attente.

- deux passerelles avaient été envisagées pour relier Noisy-le-Grand au Parc départemental ; toutefois si un accord de principe a été donné, actuellement le coût de cette réalisation ne figure pas dans le projet de financement de l’aménagement de la Haute-Ile !! Aussi serait-il intéressant de poser la question aux élus de la municipalité de Noisy-leGrand !!

- lors des « Journées du patrimoine » où des fouilles ont été organisées pour le     public, 2000 personnes étaient présentes sur le site en 2004 et 3000 en 2005, auxquelles il faut ajouter la participation des scolaires.

           

Le Département a initié une démarche de classement en Natura 2000.

 

Rappelons que « le réseau Natura 2000 a pour objectif de contribuer à préserver la diversité biologique sur le territoire de l’Union européenne ; il assure le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des habitats naturels et des habitats d’espèces de la flore et de la faune sauvage d’intérêt communautaire. Il est composé par des sites désignés spécialement par chacun des Etats membres en application des directives européennes dites « Oiseaux » et « Habitats » de 1979 et 1992 ». Aussi ce classement en Natura 2000 aurait pour effet immédiat de protéger le Parc de découverte de la nature de tout projet autoroutier !!

Ce projet de classement a été accepté par le Muséum d’Histoire Naturelle, la DIREN et le Ministère de l’Environnement ; le Conseil général de Seine-Saint-Denis est dans une solution d’attente, car en réalité la maîtrise du projet relève du Préfet et non du Conseil général !!

Une autre démarche consiste en une demande de classement en zone de réserve naturelle volontaire : ce classement à l’échelon national interdirait également la réalisation de tout tracé autoroutier !!

 

Quels sont en réalité les financeurs du projet d’aménagement de ce futur Parc départemental de la Haute Ile ?

 

L’Europe n’accorde aucune subvention !!

60 % du projet seraient financés par le Département, 10% maximum pourraient l’être par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et 30 % environ par l’Agence des Espaces Verts de la Région Ile de France ; la subvention obtenue par un classement en Natura 2000 serait sans doute peu élevée.

Un dossier a été déposé à la Région Ile-de-France.

 

Gournay Environnement renouvelle ses remerciements aux organisateurs de cette après-midi fort instructive, en particulier à Monsieur Thierry Morin qui nous a guidés et instruits lors de cette visite.

 

La Direction des Espaces Verts du Conseil général 93 invitera Gournay Environnement à la prochaine visite d’information sur l’état d’avancement des travaux sur la Haute Ile.

 

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